Edito

Sur la ligne de Crête

Lorsque, depuis Sainte-Croix, on gravit le Mont de Baulmes – ou serait-ce la Dent de Vaulion depuis Le Pont ? – on sent bien que ça grimpe, mais au fond, on se trouve vite au sommet, même pas fatigué. On plonge sur le territoire, notre territoire, avec ses gens, ses vies, ses projets. Puis on suit la crête, celle qui file vers le sud-ouest, avec vue sur les éoliennes, ou celle qui chemine vers le nord-est, avec tous les lacs en ligne de mire. On s’est cru arrivé, mais c’est en fait là que l’effort commence vraiment. Parce que, la crête, ça n’est pas ce qu’on croit depuis en bas. Ça n’est pas un faux plat ou une pente douce, c’est une suite infinie de montées et de descentes qui coupent les jambes et ralentissent la progression. Et si, en plus, le temps se gâte et qu’on en perd la perspective, on sent poindre comme un désespoir : « Est-ce qu’on arrive bientôt ? » se demande-t-on, comme un enfant, toutes les cinq minutes.

Peiner sur une crête perdu dans la brume, c’est un peu ce que, tous confondus, le réseau et ses membres ont vécu durant l’année écoulée. Cette année, faite d’espoirs douchés et d’inquiétudes atténuées, restera comme une parenthèse hors du temps, plus pénible que réellement douloureuse, marquée aussi par la vacance, l’anxiété, l’attente, et avec néanmoins le besoin de continuer, de maintenir ce qui est essentiel, de rester « au service ». Un nom est maintenant sorti des urnes. D’autres suivront : il en faudra bien quelques-uns pour construire une vraie politique de santé. La brume va-t-elle se dissiper ?

“L’alpiniste est un homme ou une femme qui conduit son corps là où, un jour, ses yeux ont regardé” – Gaston Rébuffat

 

“Le bonheur n’est pas au sommet de la montagne, mais dans la façon de la gravir” – Confucius

 

Deux citations qui témoignent de notre état d’esprit : “Regarder loin pour savoir où aller… tout en parcourant notre chemin avec soin pour donner du sens à nos pas”.