Fin du projet “Plan de médication partagé”

Un plan de médication commun, accessible et actualisé

L’année 2018 a été consacrée à étudier l’implémentation du PMP afin d’identifier les facteurs favorisant au mieux la continuité des soins pour les patient·e·s polymédiqué·e·s.

Environ 35 médecins, 35 pharmacies, et plus de 200 patient·e·s étaient inscrit·e·s pour suivre un PMP. Toutes et tous ont montré un fort intérêt à l’importance de l’enjeu et la pertinence d’un PMP.

Le fait que le PMP, dans sa phase pilote, ne soit pas intégré avec les logiciels métiers, a mis en évidence un risque d’erreur principalement dû à la double saisie pouvant entraîner un risque pour la sécurité des patient·e·s.

Compte tenu des difficultés du partenaire-éditeur du logiciel d’assurer l’évolution de la plateforme du plan de médicaiton partagé, le SSP a été décidé de mettre un terme, à mi-2018, au projet pilote dans sa forme actuelle et d’en valoriser les principaux résultats.

Enseignements pour le futur DEP

Cinq groupes d’utilisateurs se sont portés volontaires pour une démarche participative ancrée au niveau local.  Cela a permis de faire ressortir 10 principaux enseignements appris pendant la phase pilote et mettre en évidence quelques recommandations pour le futur. Les cinq groupes, formés de médecins, de pharmacien·ne·s, d’infirmiers et infirmières, étaient localisés à Orbe, à Payerne, à la PMU de Lausanne, à Thierrens et à Yverdon-les-Bains.

  • Enseignement 1 : La simplification de la routine clinique est une condition indispensable.
  • Enseignement 2 : Consulter, établir, et communiquer le plan de médication devrait être la bonne pratique courante.
  • Enseignement 3, 4, 5 : Le PMP seul ne peut pas garantir la continuité de l’information .
    • Un·e référent·e est une garantie pour le suivi de la médication sur le PMP.
    • Le PMP doit être couplé avec des entretiens réguliers.
    • L’adhésion des professionnel·le·s et des patient·e·s devrait se faire de manière plus spontanée.
    • La plateforme actuelle n’a pas permis une participation plus active des patient·e·s au PMP.
  • Ensiegneents 6, 7, 8  : Une évolution des services de santé est nécessaire.
    • L’intensification de la coordination demande des ressources et des modèles d’organisation adaptés.
    • Une évolution culturelle : poser les conditions-cadre pour faciliter et intensifier le partage d’information pour la sécurité des patient·e·s.
    • Garantir le respect de la protection des données.
    • Conserver la confiance et les liens humains qui sont absolument nécessaires pour un meilleur suivi.
  • Enseignement 9 : Le PMP et, plus largement, la continuité des soins, exigent des conditions-cadre favorables.
  • Enseignement 10 : Les modalités de communication et de transition des informations sur la prise en soins représentent des enjeux majeurs qui vont au-delà du PMP.

Recommandations

Des 10 enseignements précédemment décrits, 3 principales recommandations ont été faites :

  1. Promouvoir un PMP intégré, tout en veillant à une évolution pertinente des pratiques
    • Fédérer les multiples acteurs => rôle clé des éditeurs et des acteurs de l’évolution des pratiques
    • Développement du « PMP intégré » => coopération, flexibilité et itération.
      Agrégateur prévu pour fin 2019.
    • Une phase de lancement critique qui requiert un investissement plus important.
  2. Construire pour et avec les patient·e·s et leurs proches aidants·e·s afin d’adapter l’organisation des services de santé et favoriser leur participation au PMP et au DEP
    • Projets cliniques => besoins/attentes spécifiques à des groupes de patient·e·s ou à des trajectoires de soins
    • PMP et DEP => Utilisation pour promouvoir l’empowerment des patient·e·s et leur participation active
  3. Œuvrer pour un cadre favorable à l’amélioration de la continuité et coordination des soins, et – par conséquent – à l’adoption massive de la cybersanté par les patient·e·s et les professionnel·le·s
    • Aspects financiers, gouvernance, responsabilités, …
    • Fédérer les professionnel·le·s de santé pour la réconciliation médicamenteuse comme une responsabilité commune et une bonne pratique = un prérequis

La suite :

L’association CARA, créée en 2018, regroupe les cantons de Genève, Valais, Vaud, Fribourg et Jura. Par cette alliance, les cantons membres rassemblent leurs forces afin de développer la cybersanté et mettre en place une plateforme unique à disposition des prestataires de soins et de la population de Suisse occidentale. Information : www.cara.ch

2020 : Lancement du DEP prévu en Suisse. Un module pour le PMP, construit en partenariat avec les HUG, sera ensuite ajouté.